Ce matin, Martine m’offre un instant de lecture, me refuse de l’aider à la vaisselle de notre petit réveillon.
Je me plonge dans le “manuel de transition” de Rob Hopkins, l’ordinateur sur les genoux pour étoffer l’information, sur le réchauffement climatique.
Nous en sommes donc aussi loin ! Et ce ne sont pas des menaces prophétiques d’allumés chercheurs d’aliens.
L’équilibre est tellement délicat. On imagine mal l’effet d’un degré de plus sur notre civilisation. Et pourtant, on en voit des infos, à la télé, sur le net, catastrophiques, scientifiques, ça ne manque pas.
Le réchauffement climatique, la pénurie de pétrole, la crise économique, sociale, l’éducation… on en parle, on dit : “oui, c’est terrible, et attends, ce qui s’annonce est pire que maintenant”. Je pense à une amie du zen, qui peste, qui s’insurge et n’arrive pas à trouver de moyen.
Agir là où nous sommes, maintenant, avec bien plus d’énergie que notre action actuelle.
Les dérèglements de nos saisons, les conséquences sur notre agriculture, notre économie, pour ne parler que de ça, prennent leur origine dans la production de gaz à effet de serre dans les années 70. Je me souviens de notre mode de vie quand j’étais enfant, j’aurais tout aussi bien vécu plus simplement, et pourtant notre niveau de vie était modeste.
Faut-il aller plus loin et regretter la révolution industrielle ? Ce progrès qui est l’héritage des efforts de nos parents ?
En partie, oui. Je me sens tellement bien dans les choses simples, une ballade en forêt, un légume préparé, la simple assise en silence. C’est en pratiquant ces choses simples qu’on se dit : oui, maintenant, c’est la bonne chose à faire, un sentiment de cohérence, de “retour chez soi” comme on dit dans le zen. Je ne veux plus me laisser berner, il est temps d’agir, pas uniquement pour moi, mais qu’à partir de ce centre, ça rayonne.